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Living Matters – L:ED (Experiments in Digital)
Installation interactive et générative | Mise à disposition

objet de la residence

Living matters

Les premières choses qui viennent à l’esprit quand il s’agit des conséquences de l’activité humaine sur l’environnement sont négatives : épuisement des réserves naturelles, extinction massive, modification climatique… Or cette manière de voir les choses découle de biais dont le principal est de considérer que l’humain est un être purement culturel et donc essentiellement hors de nature. En effet, focaliser sur la situation environnementale actuelle revient à oublier les 10 000 dernières années de l’histoire humaine pendant lesquelles l’humanité et la nature ont été en symbiose. La nature d’aujourd’hui n’a rien de naturel : même au cœur de la campagne ou au plus profond d’une forêt, le paysage a été façonné par les humains. L’emplacement des champs, des prairies, des forêts ainsi que les espèces végétales et animales qu’ils abritent sont le résultat des choix des sociétés humaines.

La perception actuelle de risque environnemental découle du même biais. En effet, la nature évolue : les paysages changent du fait des sécheresses ou des inondations, les limites de culture changent mais elle ne disparaît pas. La nature naturelle persiste. La nature domestiquée disparaît. Et ceci car l’humain se perçoit hors de nature ce qui lui permet de considérer son environnement comme une commodité et non comme son espace vital.

Living matters souhaite réinitier la symbiose entre l’humanité et son environnement en mettant en lumière l’impact de la présence humaine sur un espace contrôlé. L’installation se compose de trois zones qui sont trois métaphores d’espaces naturels au sein desquels la présence et les actions des participants construisent, ordonnent et recomposent l’environnement de manière claire et harmonieuse pour illustrer la possibilité d’une action positive et bénéfique de l’homme au sein de la nature. Living matters veut retrouver Le Paradigme perdu : la nature humaine.

BIOGRAPHIE

Dorianne Wotton (direction artistique et créations visuelles)

Deux bras, deux jambes, une tête, trois yeux.

Couteau suisse de l’image, elle privilégie une approche pluri-disciplinaire : arts numériques, photographie, vidéo, graphisme, installations…

Après une formation en sciences sociales, elle fais d’abord l’apprentissage de la photographie en 2007. Puis elle se tourne rapidement vers la conception générale et mise en forme visuelle de supports multimédias. Elle a ainsi développé des créations vidéo, VJing et arts numériques, qui apportent un aspect plus créatif à son travail. Elle bénéficie alors d’une formation en design interactif. Début 2013, elle fonde avec Exomène le laboratoire L:ED (Experiment in Digital).

Elle travaille sur la confusion, le trouble mental et ses manifestations, s’intéresse également sur la relation entre l’image, le son et l’espace, cherchant à effacer la frontière entre d’une part, les espaces virtuel et réel, d’autre part, les medias artistiques.

Ainsi, ses créations récentes s’articulent autour de recherches sur l’interpénétration du réel et du virtuel, le concept d’immersion et le questionnement de la temporalité.

La ligne directrice de son travail est le hacking au sens premier du terme : expérimenter, détourner les idées, les objets et les choses de l’usage pour lequel ils ont été conçu. C’est pourquoi, dans sa pratique artistique, elle ne cesse de chercher à faire bouger les lignes en fondant ses créations sur la participation ou l’interaction, sollicitant pour cela les spectateurs, les habitants, les praticiens amateurs…

Son approche artistique se caractérise visuellement, quelque soit le sujet, par des ruptures, des discontinuités, des décalages, des amalgames. Une démarche artistique pure et sans contrainte, instinctive mais réfléchie, tour à tour poétique, conceptuelle, sociale…

Loin des ritournelles sophistiquées, loin des codes techniques et esthétiques, tout est affaire de sensations. Elle ne se limite donc pas par un format graphique ou des tabous. Grain, flou, textures, surimpression, déformation, accidents. Elle fais rendre tout ce qu’il peut aux procédés qu’elle aborde. Tout devient alors potentiellement objet et sujet de création, pourvu qu’ils répondent à cette démarche artistique.

Exomène (soundscape et créations sonores) 

Exomène a deux activités : la forge sonore et l’alchimie digitale au service de l’exode mental, c’est à dire le processus intellectuel d’abandon dans la contemplation de l’esthétique.

Son approche de la musique est très physique et découle du besoin de transcrire une image ou une sensation en sons. Une fois l’idée posée, il travaille le son comme un matériau, comme un forgeron le fait avec le métal : il martèle, étire, tord les sons jusqu’à ce qu’ils deviennent un tout cohérent.

Sa deuxième activité va au-delà du son, mais son approche reste la même : jouer avec un matériau abstrait comme si il était concret mais d’une manière très expérimentale (d’où l’alchimie digitale). Ce n’est plus le son en soi qui est trituré mais ce qui le génère. Pour ce faire, il utilise différentes techniques : le databending, les algorithmes, les systèmes génératifs, le glitch…

Hassen El Golli (programmeur)

Hassen est un Hacker/Maker tunisien, qui vit à Paris depuis quelques années.

Errant d’un univers à l’autre, il montre un grand intérêt pour les sciences modernes, l’électronique, le bricolage extrême et l’exploration musicale.

Dans un monde où la plupart sont submergés par l’information et où les technologies modernes orchestrent nos vies, il ne voit ici qu’un terrain d’action de plus en plus vaste offrant des usages infinis et inimaginables pour l’esprit humain.

A son égard, tout objet ou système complexe est potentiellement contournable pour une ou plusieurs autres utilisations. Déconstruire et analyser de près les mécanismes pour en découvrir le comportement détaillé devient alors son approche créative.

Hacktiviste et militant du logiciel libre, il ne cesse de fréquenter le milieu des HackerSpaces, Fablab et Squats en quête de nouvelles formes de vie alternative et inconditionné ! Ce qui lui a permis d’acquérir des compétences touche-à-tout afin d’établir des ponts entre la science et l’art : multiples organisations de workshops Arduino, animatronique/robotique, collaborations artistiques et scénographiques, expérimentations sonores et visuelles, et bien d’autres …

Emilia Stepien (scénographe et plasticienne)

Emilia est une peintre et scénographe polonaise installée à Paris.

Passionnée par les arts plastiques traditionnels, elle approche ensuite le milieu des hackers, et se tourne vers la complexité du monde de la technologie et de l’art numérique. Elle travaille principalement les décors au cinéma, théâtre et installations interactives. Chaque objet est pour elle un potentiel support de l’esprit humain.

Son travail explore de plus en plus le rapport sous jacent entre la matière et le virtuel. La multitude des possibles entre artistes, makers et chercheurs émerge dans ses créations. Son travail est l’empreinte d’une fusion contradictoire qui illustre bien les méandres d’une seule entité : la synergie entre poésie, technologie et philosophie qui façonne le 21e siècle et le futur.

Chacun est alors libre d’imaginer ce qu’il veut face à ces « bouts de réalités » qu’elle fait entrer en collision.

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photos
Visuel ambiance, crédit : L:ED (Experiments In Digital)
Chladni - Omegatron, crédit : L:ED (Experiments In Digital)
Interaction eau, test, crédit : L:ED (Experiments In Digital)
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videos
Showreel L:ED