En 2025, grâce au soutien du Centre National de la Musique (CNM) et de la DRAC Ile-de-France, Château Ephémère a fait évoluer son programme de résidence & d’accompagnement dédié aux musiques électroniques pour répondre aux besoins spécifiques des artistes femmes & minorités de genre.

 

Une initiative née d’un constat simple : malgré les évolutions du secteur, les inégalités de représentation et d’accès aux ressources & opportunités professionnelles demeurent une réalité pour de nombreux·ses artistes.

 

Depuis plusieurs années, nous observons au sein de nos appels à candidatures une augmentation constante du nombre de projets portés par des femmes et des minorités de genre. Cette dynamique confirme l’existence d’un besoin fort d’espaces de création, de formation et d’accompagnement adaptés. Le financement obtenu en 2025 nous a permis d’aller plus loin en imaginant, en complément des temps de résidence,  un parcours renforcé, articulé autour d’ateliers de formation collectifs (en non-mixité choisie), de coachings individuels et de temps de restitution publique.

 

Cette première édition a rencontré un véritable succès. Sur les 160 candidatures reçues en 2025, 9 projets portés par des femmes (ou lead féminin) ou issu des minorités de genre ont été retenus & accompagnés. Au total, les artistes ont bénéficié de 24 semaines de résidence, de 35h de formation collective et d’un accompagnement individualisé conçu au plus près de leurs besoins.

 

L’un des temps forts du programme a été le cycle d’ateliers en mixité choisie organisé en avril 2026 en collaboration avec Les Canut.es – manufacture lyonnaise d’émancipation et de professionnalisation des artistes femmes et minorités de genre. Pensé comme un espace de transmission, d’échange et d’expérimentation, il a réuni Inès Chérifi, Tratenwald, Melanin, Cabale, Kelyboy et Irma du projet Caos808. Les retours recueillis à l’issue de ces trois journées témoignent de l’importance de proposer des espaces sécurisés où les participant.e.s peuvent partager leurs expériences, renforcer leur confiance et développer leurs compétences techniques et artistiques.

 

Nous avons également organisé un second cycle d’ateliers en retour en mixité autour de thématiques essentielles pour les parcours professionnels : développement de réseau, autobooking, prévention des discriminations ou encore posture d’allié·e. Les participant·es ont particulièrement souligné la qualité des échanges, la pertinence des outils transmis et l’utilité concrète de ces temps collectifs pour leurs projets.

 

Parce que chaque parcours artistique est unique, nous avons complété ce dispositif par des coachings individuels sur mesure. Les artistes accompagné·es ont ainsi pu bénéficier de l’expertise de professionnel·les reconnu·es du secteur.

 

Cabale a travaillé la construction de son live — son, image et narration — aux côtés de Canblaster. Kelyboy a bénéficié d’un coaching scénique avec Léa Latour, tandis que Caos808 a approfondi son travail vocal et scénique avec Mathilde Lechat. Melanin a été accompagnée par Habiba Schultz sur les questions vocales et Tratenwald a développé sa présence scénique avec Julien Lacroix.

 

Sur les enjeux de développement de projet, Le Kaiju a travaillé sa stratégie de communication digitale avec Rémi Roset, tandis que Syqlone a bénéficié d’un accompagnement en mixage studio avec Le Dom. Malesa a été coachée sur son approche scénique par Arnaud Vernet et Inès Chérifi a travaillé sa stratégie de sortie phonographique avec Mohamed Scali.

 

Très appréciées par les artistes, ces sessions individuelles ont représenté une opportunité rare d’accéder à des expertises pointues, souvent peu accessibles dans le secteur des musiques électroniques. Elles ont permis d’apporter des réponses concrètes aux enjeux artistiques, techniques et professionnels propres à chaque projet.

 

La rencontre avec le public constitue également une étape essentielle de tout parcours d’accompagnement. Tout au long de l’année, nous avons ainsi programmé des concerts de restitution dans le cadre de nos soirées mensuelles HYPER SONIC, du festival Chapiteau Sonore ou encore de notre Pique-Nique Électronique. Ces scènes ont permis à Tratenwald, Malesa, Cabale, Melanin, Inès Chérifi, Kelyboy, Syqlone, Caos808 et Le Kaiju de présenter leurs créations dans des conditions professionnelles tout en conservant un cadre propice à l’expérimentation.

 

Afin de documenter cette aventure collective, le vidéaste Thibaut Acigar a suivi les coulisses des différentes étapes du programme. Résidences, ateliers, répétitions, concerts et témoignages donneront prochainement naissance à un mini-documentaire retraçant cette première édition et mettant en lumière les parcours des artistes accompagné·es.

 

Au-delà des chiffres, cette première édition confirme la pertinence de proposer des dispositifs spécifiquement pensés pour les femmes et les minorités de genre. Les retours des participant·es témoignent de l’impact concret de cet accompagnement sur leur confiance, leur pratique artistique et leur développement professionnel.

 

Nous sommes fier·es de cette première étape et convaincu·es de la nécessité de poursuivre ce travail pour contribuer, à notre échelle, à une scène musicale plus inclusive, plus diverse et plus représentative des talents qui la composent.

 

Nous remercions nos partenaires qui nous aident à défendre ce type de programme : La DRAC Ile-de-France, Le Centre National des Variétés et la Communauté Urbaine GPSEO.